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Guy Lafleur contre-attaque

La Presse, mercredi 2 avril 2008

Guy Lafleur contre-attaque
par Tristan Péloquin

«Choqué et humilié» par le mandat d'arrestation délivré contre lui le 30 janvier 2008, Guy Lafleur contre-attaque. La légende vivante du hockey vient de déposer une poursuite civile de 3,5 millions contre la policière et la procureure qui ont fait lancer le mandat contre lui.

Par la voix de son avocat Jacques Jeansonne, Guy Lafleur soutient que l'obtention du mandat était «un geste disproportionné, un abus de pouvoir, qui ne s'explique que par une intention de causer du tort au demandeur», peut-on lire dans les documents de cour obtenus par Cyberpresse et TQS.

Selon les directives du Directeur des poursuites criminelles et pénales, les mandats d'arrêt ne doivent être utilisés qu'en cas de «nécessité dans l'intérêt public». En l'occurrence, «il n'était aucunement nécessaire de procéder par mandat d'arrestation visé pour inculper le demandeur, ni même utile de le faire, en l'absence de tout risque de fuite, d'entrave à la justice, de danger pour le public ou quelque autre raison pouvant objectivement justifier une telle atteinte à la liberté du demandeur», soutient la poursuite.

Le recours vise également la Ville de Montréal et son service de police, ainsi que le Procureur général du Québec, employeur de la procureure Lise Archambault.

Écouter l'avocat de Guy Lafleur, Jean-Pierre Rancourt

Sur les 3,5 millions réclamés, 500 000$ le sont pour préjudice moral, 1,5 million est demandé pour perte des revenus provenant des commanditaires de l'ex-joueur vedette du Canadien, et 1,5 million en dommages exemplaires. Guy Lafleur «se réserve le droit d'augmenter sa réclamation pour dommages exemplaires s'il s'avère que le Procureur général du Québec et la Ville de Montréal n'ont pris aucune mesure disciplinaire à l'égard des défenderesses Lise Archambault (la procureure) et Françoise Fortin (la policière)».

Les déboires du Démon blond sont liés à un témoignage qu'il a livré en septembre lors de l'enquête sur mise en liberté de son fils Mark. L'ex-hockeyeur avait alors affirmé devant le juge que son fils, soumis à un couvre-feu en lien avec une histoire d'agression sexuelle, était revenu coucher au domicile familial chaque soir. Il s'est contredit quelques semaines plus tard, en admettant qu'à deux reprises, son fils a passé la nuit dans un hôtel.

Le 25 janvier, la policière Françoise Fortin, ayant obtenu l'autorisation de la procureure de la Couronne Lise Archambault, s'est présentée devant le juge Gilles Michaud pour défendre les motifs justifiant la délivrance d'un mandat d'arrestation visé. Le document a immédiatement été délivré. Ce n'est que cinq jours plus tard, le 30 janvier, que la policière a communiqué avec Lafleur pour lui demander de se présenter au poste de police. L'avocat de Lafleur, le criminaliste Jean-Pierre Rancourt, aurait alors convenu avec l'agente que son client se présenterait le 7 février.

Dans les heures qui ont suivi, la nouvelle du mandat d'arrêt était reprise par tous les médias.

L'ex-hockeyeur a décidé de se présenter au poste de police le lendemain. «Il se fit demander (par les policiers) s'il portait des armes et subit une fouille, ce qui l'insulta et l'humilia.»

«Aucune explication, rectification ou excuse quant aux circonstances ayant mené à la demande de délivrance du mandat d'arrestation n'a été donnée», indique la poursuite.

Ni le ministère de la Justice, de qui relèvent les procureurs de la Couronne, ni le Service de police de Montréal n'ont voulu faire de commentaires.

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